LE DÉPUCELAGE – 5 – AVEC SAGESSE

« Sûr qu’c’est les meufs qu’ont inventé / La règle du tampon à l’entrée ! » 

Gogol second du con @ L’Octopus – Phalsbourg 

(YEAR Too under thirsty-sex, the 5th of Freddy)

Comment perdit-il son pucelage ? Vous avez la réponse.

Tel un jeune dandy de la Romantique, charriée dans le lit du fleuve des jours, auprès d’une jeune femme touchante, et touchée

Qui ne donnerait suite

Livrant aux gémonies Cool-de-source le mauvais. Cool-de-source qui saurait enfin pardonner le monde entier d’être ce qu’il est, et apprécier la frémissante ironie des soleils macabres au bas des larmes.


LE DÉPUCELAGE – 5 – AVEC SAGESSE


« She lived in my blood and skin » Nick Cave n the bad seeds

Cool-de-source accepta donc benoîtement, sous votre avisé conseil, le détail de l’absence de pénétration dans sa nouvelle définition du mot « dépucelage »; aussi put-il avec délice savourer la récompense offerte par son grand-frère, et s’engouffrer, gourmand, dans son premier sommeil d’homme.

Des vagues grises et noires ornent le ciel, mais sous les paupières de Cool, ce sont des mantras mouvants de sensations colorées…

C’est dans ce genre d’instant que l’adolescent éperdu rêve éveillé, l’amour aux lèvres, au corps… poitrine onctueuse, haleine suave, langue savoureuse… On en arrive même à inspirer fort ses vêtements à la recherche d’un parfum, à en embrasser sa propre main. Cela arrive.

Mais, comme écrit là haut, plus haut, elle « ne donnerait suite ».

Dur. Mérité. Envahissant.

La noirceur envahit son cœur, y chantant son amer et lancinant chant de sirène cruelle… Tout ça pour rien ! Il ne pouvait l’accepter. C’était viscérale. Une colère lourde et sourde, que l’ennui et la solitude de sa campagne attisait à loisir… Il fallait que la torture cesse ! Tout tenter, tout perdre !

Alors, comme une maîtresse l’eût si bien fait, il lâcha sa bombe. Il disait tout ! Tout à l’Ours ! Pour que vérité soit sue ! Lui promettant qu’il ne ferait plus rien pour la déranger si l’Ours la gardait. Elle ne le recontacta pas, il comprit. Il avait le cœur vide à présent. Dévasté, mais léger.


L’eau coula sous les plombs

Une véritable inondation.


L’histoire finit-elle ainsi ? Non. Le ver était dans la pomme. Le couple finit par se séparer.

Il se trouva alors que, parti par un beau soir boire un verre chez son ami Kalache, Cool rentra trop tard chez son grand-frère qui l’hébergeait. Il sonna et la porte de l’immeuble ne s’ouvrit pas. Il se sentait coupable, incapable d’insister. Il avait trop traîné.

Sans nulle part où dormir, Cool en vint donc à l’appeler. Où avait-il eu son numéro ? Les pages blanches certainement… La célèbre bénédiction de la page blanche !

Elle vivait désormais vers le terminus. Le tram enfila les stations : il en bondit et courut jusqu’à cette auberge inespérée.

Bises !

Il fonce dans la salle de bain se rincer, et ressort.

Tu t’es lavé ?

Ouais ouais, j’ai pris l’éponge…

Bah t'aurais dû m'demander une serviette ! Tu l'as prise où l'éponge ?

Ben, l'éponge au lavabo, mais ça va c'est cool, pas besoin de....

Mais c’est l’éponge pour laver la cuvette !

Quelle merde. Qu’importe, il resta lui-même et sourit. Cool.

Tout s’enchaîna vite. Elle remit la musique de leur fameux soir, qu’elle avait gardée. Ils s’embrassèrent, elle lui dit qu’il pouvait la rejoindre au lit. Il sortit trois capotes précipitamment : elle lui dit que ça faisait peut-être un peu beaucoup. Puis elle se dévêtit sans prévenir et… cela le bouscula ! 

Blasphème à la lenteur ! Mais pourquoi ?????

Ah, toujours un mais mémé mais pourquoi, pourquoi mémé ! Sans préparation, sans obscurité, à froid, la vérité le percuta… Il ne put.

Ce fut un fiasco.

Pas de sexe non plus au petit déjeuner. Cela ne s’y prêtait pas. Pour une autre fois se dit-il, sans vraiment y croire. (En effet, elle en aurait alors trouvé un autre, et lui confierait juste le regret de ne pas l’avoir encouragé ce soir-là, chez elle… c’était de l’histoire ancienne. )



 

EPILOGUE


 

Elle descend en pantoufle voir si elle a du courrier. Une carte-postale !

Et quelle carte postale ! Cinq photos pêle-mêle de statues antiques au mât baissé !

Il la fait rire une dernière fois.

Elle allume la radio et part à la douche.

La porte se referme sur du Brassens.

« La bandaison Papa ça n’se commande pas ! » 

Une réflexion sur “LE DÉPUCELAGE – 5 – AVEC SAGESSE

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