« Drame de Noël » de Nathalie Michel

Rich & Co Editions, la seule maison d’éditions gratuite qui publie chroniques, billets d’humeur et textes d’art présente: « Drame de Noël » de Nathalie Michel

noel

    « 24 décembre au soir… Enfin je la vois ! Depuis le temps que je l’attends ! Je la guette depuis la fenêtre de la cuisine. Elle est cachée sous une vieille couverture. J’ai commandé au Père Noël une 206, ma première voiture. Mais, connaissant mes parents ce sera surement la caisse la moins chère possible.Ils ne veulent pas qu’on ouvre les cadeaux avant la fin du repas… Les sadiques ! Au bout d’un temps interminable, maman décide qu’on peut sortir voir « la bête ». Après une grande respiration, j’enlève la couverture. Et là, sous mes yeux ébahis, je découvre une espèce de gros cube, avec des portes coulissantes.

 « C’est quoi ?

   Une 1007.

   Elle est trop bizarre !

   Oui, c’est une sortie limitée, c’est pour ça qu’il y en a eu peu. Tu en penses quoi ? 

– Une caisse, c’est une caisse. Et puis, vu l’engin, avec les copains, on va la changer grave pour qu’elle soit au top ! ».

« Ah ça, pas question ! Il y a un problème Adeline. Vu que la voiture de ta mère va bientôt rendre l’âme, cette voiture sera à vous deux, vous vous la prêterez, donc tuning interdit ».

 « Merde ! Vous m’aviez promis que j’aurais ma voiture à moi et que j’en ferai ce que je voudrais! ».

« Je travaille, il me faut une voiture pour aller au boulot, un point c’est tout !

   Oui, mais moi, je voulais aller au lycée avec !

   T’as une carte V’bus, c’est fait pour ça. Fin de la conversation ! »

Adeline est dégouttée d’avoir des parents si radins et bornés.

    Le lendemain, elle va montrer la voiture à ses copains en leur expliquant combien elle est vénère de la fausse joie qui a clos la soirée.

« T’as qu’à la dégoûter de ta voiture !

   Comment ça ?

   On peut la saboter un peu pour que ta mère n’ait plus envie de s’en servir.

   Développe.

   C’est les vacances. Viens demain, avec l’« engin ». J’appelle les autres et on regarde ensemble.

   OK »

    Le lendemain, j’arrive chez Bastien, à Noidans les Vesoul, à 100 mètres de chez moi. Je gare l’auto dans le garage pour ne pas que mes parents la repère. « On a réfléchi. On lui met le son à fond quand elle allume la radio, un klaxon débile type sirène de bateau. On coince les portes coulissantes pour qu’elles ne s’ouvrent pas, on remplace le clignotant de droite par celui de gauche, etc… Tu vois, on peut s’éclater !

– C’est pas dangereux ?

– Mais non, juste une blague. 

– Ok ! Ça lui fera une petite leçon. On attaque ?

– Tu ne restes pas ! C’est notre cadeau de Noël pour toi et on a pensé à d’autres surprises pour ta maman.

– Vous faites suer les gars, je voulais participer moi ! Ok, je vous laisse, je vais dire à Marie qu’elle vienne me chercher et on passera l’après-midi dans les rues de Vesoul. Les décos sont sympas à cette époque de l’année… »  

    Le soir je récupère la voiture mais les garçons n’ont rien voulu me dire. Le lendemain, ma mère me demande si je veux aller faire des courses avec elle. Je refuse, prétextant l’excuse fatale, un devoir de mathématiques. En même temps, je lui en veux toujours. Elle part. Et puis, un coup de fil. Surement maman pour me prévenir que la voiture déconne et qu’elle l’emmène au garage.

« Je suis bien à la maison Sorel ?

– Oui ?

– Gendarmerie nationale. Lieutenant Cori. Vous êtes la fille de madame Jacqueline Sorel ?

– Oui.

– Votre maman a eu un accident de voiture ! Est-ce que vous pouvez joindre votre père et lui dire de se rendre à l’hôpital de Vesoul, service neurologie. ». Le gendarme refuse d’en dire plus et raccroche.

J’appelle Bastien et j’hurle : « QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT A CETTE PUTAIN DE BAGNOLE ? Ma mère a eu un accident ! Elle est à l’hosto.»

« Merde ! On a changé le régulateur de vitesse de cinquante kilomètres. Rien quoi !

    ça veut dire que si elle l’a mis sur quatre-vingt dix kilomètres, ça s’est mis en fait à cent cinquante ?

       Oui, mais on l’a réglé pendant trente secondes, pas le temps pour faire un accident. On a aussi échangé les clignotants et mis à fond les décibels quand elle allumerait la radio.

     Putain,  les gars, je crois qu’on a fait du mal à ma mère.

     Oh non ! C’est pas vrai !

     Si. »

     Le lendemain, dans la presse nationale :

« Drame de la route, et de l’adolescence. Une blague qui vire à la tragédie. Des ados, passionnés de tuning, ont voulu jouer aux apprentis sorciers. Ils ont modifié la voiture de la mère de leur amie. La mère est décédée sur le coup, ainsi que les deux autres passagers de la voiture qu’elle a heurtée de plein fouet. La jeune fille et ses amis, très choqués, ont été placés dans un établissement psychiatrique dans l’attente de leur procès.»     

Nathalie Michel

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Quatrième de couverture:

« Nadine, romancière dynamique et intrépide, trouve un jour par hasard au lac de Vaivre et Montoille un corps immergé. Cette macabre découverte va l’emmener jusqu’au Pays des Mille Étangs où d’autres cadavres suppliciés ont été découverts. Des policiers parisiens sont mandatés pour l’accompagner dans sa quête de la vérité. Ils vont dès lors tous ensemble être plongés dans l’horreur des jeux cruels d’une meute dévouée à une cause sanguinaire. « Charly était un vieil SDF qui mendiait au Trocadéro. Il était connu des services de police parisiens pour avoir porté plus d’une fois atteinte à l’ordre public en crachant, insultant ou agressant des touristes. Pourtant, trente ans en arrière, qui aurait cru que ce jeune cadre dynamique, prénommé Charles-Antoine, sorti d’une haute école et accédant aux sphères tentaculaires de la politique, finirait au fond d’un étang. Après un mariage avec la jolie et gentille, mais non moins fade nièce d’un député élitiste, il eut deux enfants rapidement internés dans une école privée, chère et éloignée. Puis des années à faire l’amour à une femme-planche inerte l’amenèrent à un recours régulier aux prostituées… »

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