« GO-FAST GENERATION » partie III by The Rich Himself…

Les chroniques de facebook  17 octobre 2017

Dans cette troisième partie de ma chronique à rallonge, je vais m’efforcer d’exposer les conséquences socio-économiques de ce nouvel archétype humain qu’est le Go-Fast. Pour rappel, on peut définir le « Go-Fast » par ces quelques caractéristiques : un consommateur universel et standardisé, un mode de pensée individualiste et uniformisé, des comportements consuméristes « capricieux » (pour reprendre l’expression de Nico la blatte), compulsif et irréfléchis. J’ai résumé tout cela dans l’expression du « tout, tout de suite et au moindre coût ».
Je dois d’emblée tempérer l’idée que le Go-Fast impose des bouleversements socio-économiques, car il est à la fois la cause et la conséquence du règne de la Mondialisation. Plus cette dernière ce développe et s’agrandit, plus il y a de « Go-Fast », et plus il y a de « Go-Fast », plus la Mondialisation se développe et s’agrandit. C’est un cercle vicieux dont on ne voit plus très bien qui est l’œuf ou la poule. Alors à savoir lequel des deux a commencé…

  Voici donc les trois piliers socio-économiques sur lesquels le « Go-Fast » peut se hisser :

1) La délocalisation. Pour diminuer le coût, accélérer le rendement, augmenter la production, notre industrie n’a cessé de se délocaliser au cours de ces vingt dernières années. L’idée ingénieuse consiste à séparer le lieu de vente du lieu de production, notamment pour faire baisser le coût de la main d’œuvre. Aujourd’hui, les pays émergents qui accueillent ces délocalisation entrent en compétitivité, ce qui provoque un mouvement de re-délocalisation. Résultat : la France n’a plus d’Industrie. C’est ce que l’on appelle la désindustrialisation, responsable de ces fameuses « friches industrielles » que nos marmots découvrent dans leurs manuels d’Histoire-Géo (rassurez-vous, ils n’en ont absolument rien à carrer…). « Il reste encore des usines en France ! » me direz vous. Oui, mais la plupart du temps, les sites industriels restant sont les vestiges antiques de délocalisations partielles. Je me souviens par exemple avoir travaillé dans une usine de petite taille (PME), dont les locaux se trouvaient au milieu de la cambrousse Haute-Saônoise. On était une dizaine d’ouvriers, dont le rôle consistait principalement à faire des démonstrations et servir de maquette vivante lors des visites d’investisseurs. «Du « made in France » affiché, quand bien même 95% de la production réelle était faite au Vietnam. Non, la France n’a plus d’industrie.
2) Quant à l’agriculture, c’est encore pire. Ce sont des foules de cargos venus des quatre coins du monde qui nous fournissent les denrées les moins chères. Quelle que soit la saison, quel que soit le produit demandé, quel que soit le caprice du consommateur (des pastèques sans pépins, des tomates et des courgettes en décembre, des cochons bleus à huit pattes, ou les fameux œufs carrés de Pif Gadget…). Les ogres de l’Industrie Agroalimentaire (tous des multinationales…) ont depuis bien longtemps porté l’estocade à nos agriculteurs. Les éleveurs en viande bovine, lait, porc ou encore les céréaliers sont soumis à des prix qui ne couvrent pas leur coût de production. Ce n’est plus un secret pour personne. Non, la France n’a plus d’agriculture.
3) Aujourd’hui, la délocalisation touche également le secteur tertiaire : comptabilité, services informatiques, les fameux « call-centers, la haute technologie, la recherche et le développement. Pour quelle raison ? Le profit bien évidemment. Un salarié chinois travaille 70 heures par semaine, 6 jours sur 7, avec une semaine de vacances par an, sans protection sociale, pour un salaire de 150 euros par mois… Concernant le commerce, des géants tels qu’Amazon, eBay, Wallmart nous livrent en trois clics de souris tout ce que l’on désire obtenir, quel que soit le produit, son prix et sa provenance. Les Titans de l’hyper-distribution clonent à la chaîne les grandes enseignes de magasins en bâtissant d’immenses ZAC qui aspirent à elles tous les petits commerces. Du coup, plus de commerces de proximité, plus de commerces de centre-ville, plus de vie au cœur de nos cités. C’est la fameuse « désertification des centres ». Non, la France n’a plus de Commerce.

Hélas, ce sont des banalités connues de tous. Il en va également des conséquences sociétales : explosion du chômage, salaires en chute libre, misère des classes moyennes, « enfer » des classes défavorisées, montée en flèche des extrémismes politiques et religieux, jeunesse désabusée, etc… Certes, la désindustrialisation de la France semblerait plutôt nuire à la consommation puisqu’il aboutit à une paupérisation de la classe moyenne. Mais encore une fois, rassurez-vous braves gens : le calcul opéré par les grandes multinationales a prévu depuis belle lurette cet effondrement. Elle sait déjà qu’il sera compensé par l’extrême enrichissement des « classes supérieures », qui profitent à fond du libéralisme, et par l’essor de la consommation dans les pays émergents. Il paraît que Renault fabrique un modèle spécialement pour le consommateur indien ? Ah, bon…
Pour finir, ne vous étonnez pas de voir Estrosi dérouler le tapis rouge à Ikéa lorsque celui-ci compte s’implanter à Nice, quand bien même les commerçants du centre-ville hurlent à l’agonie. Réponse de l’intéressé : « le Nouveau Nice est en train de s’installer », « l’Echo-Vallée offrira le plus beau des écrins à cette entreprise mondiale » (site officiel de notre cher Président de la Région PACA, désolé, j’ai été obligé d’y aller, sources obligent…). Tu parles d’un écrin ! Le « Nouveau Nice », ha ! Attention mesdames et messieurs, Estrosi et Ikéa vous présentent le « Nouveau Monde » ! Une sorte de « biotope » pour le pullulement des Go-Fast. Sauf que la Mondialisation, tout ça, c’est déjà dépassé. Le Go-Fast cours toujours plus vite. Le « Nouveau Monde », c’est un concept de vieux. Pour le Go-Fast, le présent s’est achevé à la seconde même où il a commencé. Quant à moi, que Dieu m’pignole si j’mens : je n’connais ni la suite ni la fin de l’histoire. J’appartiens déjà au monde des morts et personne, pas même moi The Rich Himself, n’en est jamais revenu.

Ce qui est dit n’est plus à dire
Votre serviteur,
Richard Palascak Himself

Dans la quatrième et dernière partie (cette fois c’est juré craché!) de cette chronique intitulée « Go-Fast » Generation, je m’efforcerai de cerner un peu mieux la psychologie de ce nouvel archétype humain qu’est le « Go-Fast », afin de mieux comprendre le désenchantement auquel il se heurte dans la vie organique et matérialisée.

 

 

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