« GO-FAST GENERATION » Partie I by The Rich Himself

Les Chroniques de Facebook : 5/10/2016
By Richard Palascak Himself

  Sur Facebook, il y a des effets domino qui dépassent votre temps de réaction. Pour autant, vous ne cherchez guère à les arrêter, bien au contraire, vous les favorisez et les accélérez. « Toujours plus, toujours plus vite, et au moindre coût. » A commencer par les fameux « amis ». Quelle que soit la rigueur de votre sélection, vous en aurez toujours plus et toujours plus vite. J’ajouterais même « toujours trop ». Premier effet domino : le journal commun des publications grandira de jour en jour et vous aurez de moins en moins de temps pour le lire. Alors comment faire ? Aller vite, tout simplement.
  Le journal commun des publications doit défiler à vue d’œil. Pour ce faire, vos publications préférées deviennent rapidement les images, éventuellement sous-titrées d’une courte phrase. En revanche, les publications les moins désirées sont celles qui contiennent des vidéos, des clips ou des textes longs (comme celui-ci). Aucune publication ne doit vous coûter plus d’une minute. Vous ne pouvez hélas plus vous permettre ce luxe de No Lifer, en dehors de rares exceptions.
     De là naît un premier paradoxe : vous allez de plus en plus vite, vous vous arrêtez de moins en moins, et cela vous prend de plus en plus de temps au final. Vous survolez les publications en likant ce que vous jugez bon, et en contournant ce que vous jugez mauvais. En ce qui me concerne : les animaux mignons, je like, les blagues rigolotes, je like, les sports (hormis le foot), je like, les amis que j’aime, je like, l’art, je like, les photos persos, je like, les belles bagnoles, je like, les belles nanas, je like, les combats sociaux, je like, etc… (je vous épargnerai la liste de ce que je ne like pas).
Si nous bâclons tant notre tâche de facebooker, pourquoi nous efforçons-nous de tout visualiser ? Il y a trois raisons à cela, de la plus naïve à la plus pernicieuse :
1) Parce qu’on aime nos amis, et que l’on souhaite leur faire plaisir.
2) Par curiosité, parce que la publication nous intéresse, parce qu’elle nous touche ou nous interpelle. Hélas, cet élan de curiosité se heurte à la durée de connexion que l’on s’impose. Par exemple, si vous avez deux cents amis, deux heures de connexion par jour ne vous permettront pas de vous intéresser à tout.
3) Par égotisme et narcissisme (je suis bien placé pour en parler…). Eh oui, si vous désirez être vu et lu par vos amis, vous devez en échange montrer que vous vous intéressez à leurs publications en les likant ou en les commentant. C’est un contrat tacite : du « donnant donnant. » Je prends pour preuve la publication récente d’un bon copain, qui disait à peu près cela : « Y’en a marre de tous les amis qui publient sans ne jamais regarder les publications des autres. Perso, je vais les retirer de ma liste d’amis. » Naïf que je suis, j’ai répondu : « Désolé, X, mais il m’est impossible de tout lire. Je m’impose une heure de facebook par jour maxi, donc je loupe malgré moi de nombreuses publications. » Visiblement, je n’étais pas visé par son message…
Nouveau paradoxe : vous espérez être vu et lu par tout le monde, tout le temps, et dans le moindre détail (je force un peu le trait…), tout en perdant le moins de temps possible avec les publications des autres. Vous voulez aller vite et recevoir le maximum d’infos sans vous arrêter. Certes, de temps à autre, vous vous offrez le caprice d’une longue publication (+ d’une minute). Or pour ce sacrifice, vous comptez bien en retirer le plus grand frisson. Pour résumer, vous voulez tout, tout de suite, et au moindre coût ( je m’inclus dans le « vous »…).
Il y a une vingtaine d’années, les prémices de ce système de pensée étaient annoncées par ce que l’on nommait à l’époque le « Fast Food Nation », un mode de vie « américanisé » en somme. Il y a une dizaine d’années, cet état d’esprit a très largement dépassé le cadre de la restauration en envahissant tous les domaines de la consommation courante. Contrairement aux idées reçues, cet essor n’est pas entièrement imputable au nouveau continent. Lorsque j’habitais à Strasbourg, ville située à la frontière de l’Allemagne, j’ai été le témoin du développement de cette tendance du « tout, tout de suite, au moindre coût ». Il y a dix ans déjà, les allemands ne comprenaient pas comment un français pouvait dépenser 10 euros pour une tranche de fromage, quand lui en achetait trois entiers à ce prix. Aujourd’hui, Lidl est la franchise de supermarchés qui cartonne le plus dans tous les pays de l’Union Européenne avec ce même principe : « pour le prix d’une tranche, nous vous offrons trois fromages entiers. » Globalement, ce courant consumériste a envahi la planète et s’est solidement implanté dans nos esprits par ce que je nomme « l’inconscient mondialisé ». Jung aura théorisé « l’inconscient collectif », Richard Palascak Himself aura déposé le brevet de « l’inconscient mondialisé », qui consiste à imposer un mode de comportement universalisé autour du principe : « toujours plus, toujours plus vite, et au moindre coût. » L’objectif est évidemment de doper la consommation. Le moyen le plus efficace : internet. Grâce à la révolution numérique, on peut enfin tout avoir, de partout, toujours plus, toujours plus vite, et toujours moins cher. On entre ainsi dans l’ère de la « Go Fast Generation », deuxième concept dont je dépose le brevet, mettant K.O Jung et tous les autres petits bras de sa trempe. On agit tous comme des « Go Fast », sur facebook ou ailleurs. Dans la deuxième partie de mon article, je vous expliquerai clairement pourquoi et comment. Dans l’attente, je vous prie d’agréer au plus vite le dernier I-Phone 72 muni de toutes les applications possibles et imaginables à ce jour.

Ce qui est dit n’est plus à dire (nouvelle formule débile de fin de chronique).
Votre serviteur
Richard Palascak Himself

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